Coin Lecture

Un si petit oiseau de Marie Pavlenko

On repart avec un nouveau coup de cœur totalement inattendu. Un si petit oiseau m’a tellement plus que je l’ai dévoré en deux courtes soirées.

Abi a tout pour elle. Elle est intelligente et promise à un grand avenir. Au lycée c’est une élève studieuse. Elle rêve de devenir vétérinaire et fait tout pour s’en donner les moyens. Bien que Thomas est récemment rompu avec elle, sa vie sociale n’est pas en reste.
Mais un jour parfait de printemps tout bascule. En voiture avec sa mère, elle rentre chez elle. Sa main fait des vagues à travers la fenêtre. Et en un instant les cartes sont redistribuées. L’accident est brutal. Sa mère s’en sort indemne mais Abi, elle, a le bras déchiqueté.
Un bras en moins, la famille doit réapprendre à vivre. Abi doit accepter son moignon qui rime avec rognon. Ses parents sacrifient leurs vies pour la sienne. Il déménagent à l’autre bout de Paris pour que tout soit nouveau pour Abi. Sa soeur cadette essaye de grandir avec l’attention de ses parents braqués sur sa soeur. Et sa tante, un peu gauche, fait tout pour sa nièce.
A partir du retour à la maison d’Abi, on va suivre ce combat.

Dire que j’ai adoré le roman n’est pas peu dire. Et l’impact qu’il a eu vient aussi peut être du fait que je n’attendais pas forcement grand chose. Si Un si petit oiseau n’avait pas été à la médiathèque, je ne l’aurai pas lu. Et cela aurait été une perte. J’ai ressenti un profond dégoût lors des premières pages. La réaction de l’héroïne face à la découverte de son bras dans la voiture est très prenante. Personnellement dès qu’on commence à me décrire des blessures, je visualise très bien, un peu trop. Mais l’horreur toute médicale s’arrête là. Au tournant des pages, on ressent de la tristesse, de la compassion, on sourit, on a envie de secouer les personnages.

Car l’atout de ce roman c’est la psychologie des personnages. Elle est complexe. Et le narration nous permet de les suivre tous. Ce point de vue, un peu omniscient est un très bon choix. Les émotions de tous ne sont pas simples. Abi passe de la dépression, de la difficulté du regard qu’elle porte sur elle même, mais aussi du regard que les autres portent sur elle. On vit ses douleurs, sa difficultés d’accepter ses prothèses. Celle esthétique et son bras de dark vador. Elle essaye de faire le deuil de sa vie passée, de redevenir autonome, sans vraiment comprendre qu’une nouvelle vie arrive.
Son retrait sur elle-même est tel qu’elle entraîne toute sa famille avec elle. Ses parents sont impuissants et ont abandonnés toute vie sociale. Ils l’aident tant qu’ils peuvent à se projeter dans le futur.
Sa soeur continue son adolescence dans le désintérêt le plus total.
Et sa tante cherche l’amour et le sourire de sa nièce. La tante a d’ailleurs été l’un de mes personnages chouchous par sa maladresse. Un trait d’humour dans une vie bien noire.

Classés dans les romans jeunesses, Un si petit oiseau parlera à tout les âges. Je me répète mais j’ai adoré suivre l’évolution des personnages. Le fond de nouvelle amitié est également bien menée.
Un livre à mettre dans toutes les mains.

Un si petit oiseau, Marie Pavlenko (Flammarion)
disponible depuis le 2 janvier 2019
à partir de 13 ans

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