The Hate U Give : La haine qu’on donne de Angie Thomas

Un roman à lire, à se procurer d’urgence et à dévorer. Je tiens à préciser qu’un coup de coeurparé de réflexion peut se cacher à la lecture.

Starr a 16 ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres de gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère; et à redresser la tête.

Ce roman s’inscrit du mouvement Black Lives Matter créé en 2013 aux Etats-Unis. Me remettant tout juste dans le roman young Adult, j’ai aimé comment le sujet est traité. Justement, avec profondeur. Ce livre, j’avais commencé à le lire en février. Mais, aller savoir pourquoi, je l’avais refermé tout juste après que Khalil soit abattu. Je l’ai rouvert pendant ces vacances et l’ai complètement dévoré. Comme quoi, le timing est important en lecture. Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais certains moments me semblent plus propices à certaines lectures.

Starr est une adolescente de seize ans sans histoire. Partagée entre deux mondes, elle semble perdue entre deux réalités d’elle-même. On est durement touché par la rudesse de sa condition. Ses leçons pour savoir comment se comporter lors d’un contrôle de police sont un crève-cœur. Pourquoi dans une société civilisée, des parents doivent expliquer à leurs enfants quoi faire pour ne pas se faire arrêter ou tuer lors d’une interpellation policière ?

Tout au long du roman, j’ai eu cette même impression qu’à la lecture de Mille petits rien de Jodie Picoult. Bien sûr le contexte n’est pas le même. Ici, il n’est pas question de suprématiste. Mais ce sentiment d’injustice et d’envie de tout retourner est entièrement le même.

Dans cette ode à l’absence totale de justice, on voit Starr se construire. Elle qui aspirait à ne faire aucunes vagues se transforme en une véritable voix. Un point de repère, une lutte contre un système qui la présume coupable, elle et toute sa communauté, pour leur couleur de peau.

Ici, pas de rebondissements de folie et ce n’était pas ça que je voulais lire. L’histoire est bien sûr prévisible. La fin également. Mais la manière dont le sujet est traité fait toute la différence. La multitude de trame secondaires sont également superbes. Ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas.

J’ai enchaîner la lecture avec le visionnage du film. Alors bien sûr c’est une adaptation. Le fond de l’histoire est la même. Il se laisse regarder. Mais je l’ai trouvé complètement insipide face au roman. C’est souvent le cas face aux adaptations malheureusement. Mais j’ai trouvée l’intrigue principale mais surtout la profondeur de Starr complètement bâclée. Les trames secondaires sont à peine évoquées où quand elles le sont débarquent comme un cheveux sur la soupe. Pour moi, une version très édulcorée et politiquement correcte. Malheureusement, le sujet ne s’y prête pas du tout.

En définitive, The Hate U Give est un roman qui prend aux tripes, coup de cœur. De ses romans qui font réfléchir et amènent de la matière au débats.

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